C’était au numéro 88.

Il y a 15 jours je suis allé passer quelques jours chez mes parents. Ils habitent la maison dans laquelle j’ai grandi, à coté de Montpellier . C’était la dernière fois. En effet, la maison est vendue. Le 15 mars 2013, je n’aurai plus de racine palpable, matérielle, dans cette ville que j’ai tant aimée. Bien sûr, il restera les souvenirs innombrables, les copains, le MHSC, mais plus jamais je ne pourrai y retourner le coeur léger “comme si j’étais chez moi”. Car c’était chez moi.

L’arrivée en voiture, à travers les vignes, voir se dessiner la maison au loin en haut de la montée de la route de Combaillaux. Embrasser mes parents, une petite caresse au chat, piquer une olive sur la table de la cuisine, aller chercher du coca dans le garage, puis s’installer dans les canapés du salon. Discuter tous ensemble de longs instants, se raconter nos vies comme si nous n’avions pas de nouvelles depuis des mois. Passer quelques jours au rythme des repas, des virées “en ville”, des visites chez les copains qui sont restés là, le bonjour aux voisins, aller au stade les soirs de match. C’était tout ça quand je rentrais à Montpellier.

Un peu plus loin il y a l’enfance, les cabanes dans les vignes, les foots dans la rue avec les petits voisins, les journées entières passées au bord de la piscine à rejouer les jeux olympiques, les premières cuites, les premiers flirts. Fin août, c’était la fête de Saint Gély. Comme une tradition, le rendez-vous était toujours fixé à la maison autour d’un barbecue, l’occasion de se voir au moins une fois par an entre ceux qui étaient restés et ceux qui n’étaient que de passage. Telle une horde sauvage, nous partions tous à pied pour rejoindre le village, l’affenage et les toros. Puis, au milieu de la nuit, un peu plus alcoolisés, un peu plus fous, nous rejoignions la maison pour finir la fête, des couples se formaient, des concours de danse un peu partout s’improvisaient… Je sais que nombreux sont ceux parmi vous qui ont vecu ces moments là, qui partagent avec ma soeur, ma cousine et moi ces souvenirs. Cette maison c’était un peu aussi la votre.

Cette maison, c’était la mienne, c’était la notre. Cette maison, je l’ai quittée il y a plus de 12 ans, mais c’est aujourd’hui que nous la quittons définitivement. Une page se tourne, une nouvelle s’ouvre. Pour mes parents, ce sera à Bayonne. Comme par hasard…

3 comments on “C’était au numéro 88.

  1. C’est très beau et très touchant !
    On a eu beau en parler, la lecture de ces quelques lignes à fait remonter un sacré paquet de souvenirs.
    Y a plus qu’à les ranger dans un petit coin de notre mémoire et, au détour de longues soirées, assis au fond de canapés, on se remémorera ces épisodes épiques.

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